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Ikigaï et logothérapie : deux chemins, un même fil conducteur

Publié le 04/12/2025
priorise  Ikigaï et logothérapie : deux chemins, un même fil conducteur

Nous vivons une époque étrange : hyperconnectée, mais profondément désorientée.
Entre les injonctions au bonheur, à la performance, à la « passion », beaucoup se sentent épuisés, vides ou coupables de ne pas « y arriver ».

Au milieu de ce brouhaha, deux approches se répondent sans se confondre : l’ikigaï, issu de la culture japonaise, et la logothérapie, portée par Viktor Frankl.
Deux philosophies différentes, deux cadres conceptuels distincts… mais un même fil conducteur : le sens.

1. Ce que l’ikigaï raconte de la vie quotidienne

Étymologiquement, ikigaï combine « iki » (vivre) et « gai » (raison, valeur) : la « raison d’être », mais aussi les petites sources de joie qui rendent la vie digne d’être vécue.
Les auteurs japonais rappellent que l’ikigaï n’est pas un objectif héroïque, mais une respiration intérieure, ancrée dans la simplicité du quotidien.

1.1 Les 5 piliers de l’ikigaï

Selon Ken Mogi, cinq piliers structurent l’ikigaï :

  1. Commencer petit : honorer les micro-pas.
  2. Se libérer : se délester du regard social.
  3. Harmonie et durabilité : agir en tenant compte de l’écosystème.
  4. Joie des petites choses : célébrer les micro-instants.
  5. Être ici et maintenant : habiter pleinement l’instant.

1.2 Les 10 lois de l’ikigaï

Synthétisées par la littérature internationale, elles proposent une écologie du sens : ralentir, bouger, rire, s’entourer, remercier, vivre dans le moment, suivre son ikigaï, etc.
C’est une philosophie du quotidien, accessible, douce et profondément humaniste.


2. Ce que la logothérapie raconte de la condition humaine

La logothérapie s’ancre dans la pensée de Viktor Frankl : l’être humain est mû par une volonté de sens.
Quand ce sens s’effondre, c’est l’être intime qui se fissure.

Quelques repères essentiels :

  • La logothérapie ne contourne pas la souffrance : elle la traverse et la transfigure.
  • Elle distingue trois voies d’accès au sens : la création, la relation, l’attitude face à l’inévitable.
  • Elle révèle cet espace ultime de liberté intérieure que rien ni personne ne peut confisquer.

Là où beaucoup d’approches psychologiques veulent réduire les symptômes, la logothérapie pose une question radicale :
« À quoi veux-tu rester fidèle, malgré ce que tu traverses ? »


3. Deux philosophies différentes

3.1 Une différence d’échelle

  • Ikigaï travaille le quotidien : ce qui donne envie de se lever le matin.
  • Logothérapie explore le plan existentiel : ce qui rend la vie digne, même au cœur de l’épreuve.

L’une adoucit le quotidien, l’autre éclaire l’obscurité.

3.2 Une différence de culture

  • L’ikigaï repose sur l’harmonie, la simplicité, la cohérence intérieure.
  • La logothérapie s’inscrit dans le courant existentiel européen : liberté, responsabilité, dignité du choix.

Un accompagnement uniquement ikigaï peut manquer de profondeur.
Un accompagnement purement logothérapeutique peut sembler trop exigeant.
C’est ensemble qu’ils deviennent puissants.


4. Leurs points communs : un même fil, le sens

Ikigaï et logothérapie convergent sur des piliers essentiels :

  1. La vie ne se réduit pas à la performance.
  2. La relation aux autres est essentielle.
  3. Le sens ne se décrète pas : il se découvre.
  4. Le sens évolue au fil de la vie.

Les deux approches posent, chacune à leur manière, la même question :
« Qu’est-ce qui rend ta fatigue digne d’être vécue ? »


5. Comment articuler les deux dans un accompagnement

5.1 Ouvrir la profondeur : logothérapie

On commence par explorer :

  • Les blessures, les incohérences, les pertes de repères.
  • Les valeurs non négociables.
  • Les fidélités intérieures qui traversent les épreuves.

5.2 Ancrer dans le concret : ikigaï

On traduit ensuite ce sens dans le réel :

  • Quelles activités nourrissent ce que tu veux honorer ?
  • Quels micro-gestes permettent de rester fidèle à ton orientation intérieure ?
  • Quelles petites joies soutiennent ta trajectoire ?

Les 5 piliers et les 10 lois deviennent alors des outils pratiques pour incarner le sens jour après jour.

5.3 Une articulation simple et puissante

  • La logothérapie répond au pourquoi j’avance.
  • L’ikigaï répond au comment j’habite ce pourquoi.

Ensemble, elles transforment la clarté existentielle en décisions, en projets, en manières d’être.


6. Pour qui, et pour quoi ?

6.1 Quand l’ikigaï ne suffit pas

Pour ceux qui portent des blessures anciennes, des ruptures, des traumas, la seule exploration du plaisir ou des talents ne suffit pas.
La logothérapie vient travailler la structure profonde de l’être.

6.2 Quand la logothérapie a besoin de l’ikigaï

Certains comprennent intellectuellement le sens, mais n’arrivent pas à en faire une réalité quotidienne.
L’ikigaï réintroduit la joie, le mouvement, le plaisir simple.
Il remet de la vie dans la vie.


Conclusion : tisser son propre chemin

Ikigaï et logothérapie ne sont pas des dogmes.
Ce sont deux grammaires du sens, deux façons de regarder l’existence.

  • L’ikigaï adoucit la vie et la rend savoureuse.
  • La logothérapie élève la vie et la rend fidèle à elle-même.

Entre les deux, il y a toi : ton histoire, tes combats, tes élans, tes envies, ta dignité.

Tisser son ikigaï et son sens logothérapeutique, c’est avancer avec plus de clarté et plus de douceur.
C’est apprendre à dire :

« Aujourd’hui encore, j’ai au moins une bonne raison de me lever.
Et cette raison a du sens pour moi. »

https://app.priorise.fr/praticiens/nicole-robert


Sources :

1. Viktor E. Frankl – Logothérapie

La fondation internationale Viktor Frankl, référence officielle sur sa pensée, ses ouvrages et la logothérapie.
🔗 https://www.viktorfrankl.org/

2. Ken Mogi – Ikigaï

Page officielle de l’auteur Ken Mogi, spécialiste de l’ikigaï, avec ses travaux et publications.
🔗 https://kenmogi.com/


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