Joyce El Hokayem : la scientifique qui soigne le corps et l’esprit
Un doctorat en génétique humaine, des années de psychothérapie Gestalt, une expérience personnelle de la maladie et de la guérison. Joyce El..
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Comment la sophrologie accompagne la reconstruction pendant et après un burn-out
Il est 7h du matin. Vous ouvrez les yeux et votre première pensée n’est pas pour vous, c’est pour le nombre de tâches qui vous attend. Vous vous levez épuisé, comme si la nuit n’avait servi à rien. Vous enchaînez les journées en mode automatique. Vous avez du mal à vous concentrer, vous vous irritez pour des détails, vous avez l’impression de tourner à vide.
Et pourtant, de l’extérieur, tout a l’air de fonctionner.
Ce tableau vous est familier ? Vous n’êtes pas seul. Ce que vous vivez a un nom : l’épuisement professionnel. Et il ne s’agit pas d’une simple fatigue qu’un week-end suffit à effacer.
Selon le baromètre 2023 du cabinet Empreinte Humaine (OpinionWay), 2,5 millions d’actifs français présentent un risque d’épuisement sévère, et la tendance continue de s’aggraver d’année en année. Le 12ème baromètre du même cabinet confirme une dégradation continue : 53 % des salariés du secteur public et 47 % du privé sont en situation de détresse psychologique.
La Haute Autorité de Santé (HAS) définit le syndrome d’épuisement professionnel autour de trois dimensions, issues des travaux de la chercheuse Christina Maslach :
Un épuisement émotionnel et physique intense, un vide intérieur profond que le repos seul ne comble pas.
Un détachement progressif du travail, une perte de sens, de motivation, parfois un sentiment de cynisme envers son activité ou ses collègues.
Une baisse significative de l’efficacité, la concentration s’effiloche, les erreurs se multiplient, la confiance en soi s’effondre.
Contrairement à la dépression, qui peut avoir de multiples origines, le burn-out est directement lié au stress chronique professionnel. Et il touche en priorité les personnes les plus engagées, les plus consciencieuses. Ceux qui donnent tout. Pas les plus fragiles.
L’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) est formel : si rien n’est fait, les conséquences sur la santé physique et mentale peuvent être durables. Troubles du sommeil, maladies cardiovasculaires, anxiété chronique, rechutes… L’organisme paie le prix fort d’un signal longtemps ignoré.
La bonne nouvelle ? Il existe des voies concrètes pour s’en sortir, et pour ne pas y retourner.
La sophrologie n’est pas une solution miracle. Elle ne remplace ni le suivi médical, ni, si nécessaire, l’accompagnement d’un psychologue ou psychiatre. Le burn-out est un syndrome sérieux qui mérite une prise en charge pluridisciplinaire.
En revanche, la sophrologie est un outil concret et autonomisant, à la condition d’être prêt à l’utiliser.
Créée dans les années 1960 par le neuropsychiatre Alfonso Caycedo, la sophrologie est une méthode psychocorporelle qui combine des techniques de respiration consciente, de relaxation dynamique et de visualisations positives. Elle agit simultanément sur le corps, les émotions et le mental.
Ce n’est pas de la relaxation ordinaire, c’est une méthode structurée et progressive. L’INSERM a consacré un rapport thématique complet à son évaluation en 2021, soulignant à la fois les résultats prometteurs observés et la nécessité de poursuivre la recherche.
Dans mon cabinet, j’accompagne les personnes en situation d’épuisement professionnel avec une approche globale : je ne travaille pas sur un symptôme isolé, mais sur la personne dans sa totalité.
Concrètement, la sophrologie va agir sur plusieurs niveaux essentiels :
Le sommeil, souvent la première chose qui lâche, et la première à se rétablir grâce aux exercices de lâcher-prise et de détente profonde.
Le stress physique, des études montrent que la pratique régulière de techniques psychocorporelles comme la sophrologie peut contribuer à réduire les marqueurs physiologiques du stress, dont le taux de cortisol.
La reconnexion à soi, apprendre à reconnaître ses signaux d’alerte, écouter ses besoins, poser ses propres limites, sans jugement.
L’estime de soi, revenir sur ses ressources, ses réussites, reconstruire une image de soi qui, au fil du temps, s’est écornée.
Le sens, se reconnecter à ses valeurs profondes pour décider, en pleine responsabilité, de la suite : reprendre le même chemin ou en tracer un nouveau.
En moyenne, les premiers effets se ressentent dès la deuxième séance. Un accompagnement complet s’étend généralement entre 6 et 10 séances, avec pour objectif votre autonomie, pas votre dépendance.
Vous n’avez pas besoin d’attendre un rendez-vous pour commencer. Voici quatre pratiques issues de la sophrologie que vous pouvez intégrer dès maintenant dans votre quotidien.
Inspirez lentement par le nez sur 5 secondes en gonflant le ventre, expirez par la bouche sur 5 secondes. Répétez pendant 3 minutes, idéalement le matin au réveil. Cette technique favorise une détente profonde du système nerveux. Des recherches sur les techniques de respiration consciente suggèrent qu’une pratique régulière peut contribuer à réduire les réponses physiologiques au stress.
Avant de dormir, allongez-vous et parcourez mentalement votre corps de la tête aux pieds. Là où vous ressentez une tension, imaginez-la se dissoudre à chaque expiration. Cet exercice favorise l’endormissement et vous reconnecte à votre corps, que vous avez peut-être appris à ignorer.
Posez-vous trois questions simples : Qu’est-ce que je ressens physiquement en ce moment ? Quelle est mon émotion dominante ? De quoi ai-je besoin là, maintenant ? Ce rituel casse le pilote automatique et vous remet en contact avec vos besoins réels, avant que votre corps ne soit obligé de crier pour se faire entendre.
Fermez les yeux et revenez mentalement sur un moment où vous vous êtes senti(e) compétent(e), serein(e), capable. Revivez cette scène dans les détails, les sons, les sensations, les émotions. Les recherches en neurosciences montrent que l’imagerie mentale positive active des circuits cérébraux proches de ceux sollicités lors de l’expérience réelle, ce qui peut aider à renforcer les ressources intérieures.
L’épuisement professionnel n’est pas une fatalité. Ce n’est pas non plus un signe de faiblesse. C’est un signal, parfois le dernier, qui indique que quelque chose dans votre vie doit changer.
La sophrologie ne va pas effacer ce que vous avez vécu. Elle va vous aider à comprendre ce qui s’est passé dans votre corps et votre esprit, à reprendre contact avec vos ressources, et à reconstruire un équilibre qui vous ressemble vraiment.
Pas en quelques jours. Mais pas en plusieurs années non plus.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, si vous ressentez cet épuisement qui ne vous quitte plus, ce sentiment de tourner à vide, je vous invite à franchir un premier pas.
Prenez rendez-vous pour une séance de découverte avec Cécile Migoli, sophrologue sur Priorise.
https://app.priorise.fr/praticiens/c%C3%A9cile-migoli
Sources :
HAS — Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel : hassante.fr/jcms/c_2769318
INRS — Épuisement professionnel / burn-out : inrs.fr/risques/epuisement-burnout/faq.html
INSERM — Rapport thématique sophrologie (2021) : inserm.fr
Empreinte Humaine / OpinionWay — 12ème baromètre Santé psychologique des salariés français (2023)
CAIRN — Étude sur la sophrologie caycédienne et le stress professionnel (2022) : cairn.info/revue-hegel-2022-4-page-334
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